Les Grands Travaux

L’histoire:

 

Nous sommes en 2002, Marie et François vivent ensemble à Chantremont. Marie est présidente de l’association pour la défense du patrimoine chantremontois et François, maire du village. Leur intérêt à chacun s’oppose en permanence et cache un malaise plus profond.

 

Marie perd sa mère. Fragilisée, elle fait un séjour en clinique pour se reposer. Pour les funérailles, son fils Yvan fait le déplacement. Il est accompagné de Lise, sa fiancée, qui est actrice. Les rapports entre Yvan et sa mère sont des plus tendus. Lise, intriguée et troublée, va recueillir les nombreuses confidences de Marie sur son passé.

 

Au même moment, Yvan est en train d’écrire une pièce pour Lise. Le récit qu’Yvan entreprend d’écrire fait alors écho sans qu’il le sache à l’histoire de sa propre mère, histoire jusque-là refoulée par la principale intéressée.

 

La fiction et la réalité vont alors se confondre jusqu’à ce que François, par un heureux hasard (Mais ne doit-on pas parler ici de "destin"), finisse par découvrir toute la vérité.

 

 

 

Note d’intention :

 

Je veux parler du secret. Celui que l’on cache à l’autre comme celui qu’on se cache à soi-même. Ici, le secret est directement imputable à la guerre.

 

Peut-on vraiment se protéger ou protéger quelqu’un par le biais du secret ? Le mensonge nécessaire pour préserver la survie dans des situations de danger réel, est acquis. Mais si le secret  est mal gardé, ne peut-il pas se retourner contre son auteur ? Le mal peut-il prendre racine dans le bien ? Quelle conséquence, la découverte d’un secret, peut-elle avoir pour celui ou celle qui ne devait pas l’apprendre ? Et par là-même, quel effet sur l’entourage ?

 

C’est pour tenter de répondre à toutes ces interrogations que j’écris cette histoire. Le personnage de Marie, lui aussi, s’interroge. Louis-René des forêts écrit : « Il y a ce que nul n’a vu ni connu, sauf celui qui cherche, dans le tourment des mots, à traduire le secret que la mémoire lui refuse ».  Je veux évoquer, notamment à travers le personnage d’Yvan, cette complexité qui entoure les notions d’identité et de transmission.

 

D’un point de vue dramaturgique, je trouve intéressant d’écrire sur la volonté qu’a le personnage de François d’entreprendre ce grand chantier pour la commune, car si son entreprise peut nous apparaitre secondaire au regard de l’enjeu dramatique que représentent les tourments du personnage de Marie, elle va s’avérer au contraire essentielle au dénouement de l’histoire. Comme cela arrive parfois, François va finir par trouver ce qu’il cherchait sans le savoir et par là-même, s’en délivrer.

 

Ce qui lie mes personnages, c’est l’amour ; Je veux te dire que je t’aime mais trop de choses m’en empêchent, et ce qui est tu finit par tuer ou bien par éloigner. C’est heureusement l’heure des grands travaux, une chance pour tout le monde, ça va remuer, ça va faire mal, il est temps de parler.

 

L’injustice se nourrit de toutes les guerres. Elle est cette plaie ouverte dans tous les cœurs qui ont eu à affronter l’enfer. Son onde de choc est impossible à évaluer. La blessure est là qui voyage dans le temps. Que nous en ayons conscience ou non, nous sommes le fruit de l’Histoire, et nous devons vivre avec. C’est ce que nous avons en partage. Si seulement cela pouvait nous consoler un temps.

La Compagnie Pour Le Dire

Ce dont on ne peut parler, c'est ça qu'il faut dire.


Grock ou

V. Novarina

 

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