Plus j’écris, plus je reconnais que ce qui est écrit m’éloigne de ce que j’ai intuitivement envie de dire et, paradoxalement, m’offre la possibilité d’en dire davantage. L’inconscient s’immisce dans l’écriture et nous guide secrètement; il fait exister une face invisible, un monde à l’extérieur de nos représentations et il est essentiel de toucher à cet indicible là. 

 

Ici c'est en grande partie l'écriture qui mène l'action. Un trajet en voiture pour rejoindre la mer n'est pas l'aventure la plus extraordinaire qui soit - même si elle a son importance et son charme - le voyage qui m'importe est ailleurs.

 

A quand la mer ? parle à l’enfant, à l’adolescent que nous avons été et qui vit toujours en nous, qu’il soit blessé, heureux ou bien malheureux, qu’il nous fasse des misères ou des tours de passe-passe, qu’il nous berce de rêves et d’illusions ou qu’il ait depuis longtemps déserté notre esprit comme le lapin du chapeau.

 

Nos sens émoussés par nos éreintantes vies d’adultes, retrouveraient ici – j'emploie le conditionnel, rapport à ce fragile présent qu'il nous faut chaque fois réinventer sur scène – une aire de jeu ou se rejouent les souvenirs, un espace ou nous les rappeler dans une réalité "ni dogmatique, ni insignifiante" (pour reprendre les mots de Roland Barthes), mais densifiée, magnifiée.

 

L’enfance est abordée. D'autres thèmes traversent la pièce ; la famille, Le voyage, le temps, le manque, le lâcher prise… Autant de portes d'entrée qui invitent à sortir de soi, à se projeter dans cette histoire qui se rappellerait à la notre, un zoom au microscope sur l’universalité de nos affects.

 

 

 ◤ FESTIVAL D'AVIGNON 2017 ◢

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Ce dont on ne peut parler, c'est ça qu'il faut dire.


Grock ou

V. Novarina

 

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