La compagnie Pour Le Dire abrite les créations théâtrales de Manuel Durand 

     

 

Le travail de l'auteur-metteur en scène (et comédien) Manuel Durand se veut avant tout comme une autopsie de l’intime et du sensible. Les principaux thèmes abordés sont ceux de la filiation et du rapport au temps.

 

Un théâtre résolument poétique. Il faut entendre par poétique: une manière singulière de se rapporter à la réalité, de faire entendre du monde ce qu'il ne dit pas de lui.

 

Un théâtre où il faut tout oublier de lui afin qu'il y ait une chance "qu'il puisse être lui-même parce qu’il pourrait être tout autre chose".

 

La question de la qualité de la présence de l’acteur au plateau est par conséquent ici posée.

 

 

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«Le théâtre le plus actuellement nécessaire et justifié est celui qui offre ce qui manque le plus au monde actuel, monde extraverti du tout-spectacle, adonné au vertige des apparences, de l'image et de l'extériorité: non pas un spectacle qui satisfait, un belle vue, mais un lieu de passage - il y en a si peu- vers la profondeur lente, obscure, imprévue, de nous, de l'autre, des relations humaines et sociales, des énigmes primordiales dont, pour le coup, on peut être certain de l'actualité.» Jean-Pierre Siméon " Pour un théâtre qui tient parole".

 

 

Commencer le travail depuis l'inconnu, le laisser venir nous parler.

 

Le concept de sérendipité dont on a tant parlé, à savoir: faire une découverte par chance et sagacité alors même que l'on cherche autre chose, nous paraît essentiel pour penser les questions relatives à la création. Cela s'applique à la science, à la peinture, à Internet avec ses moteurs de recherche et cela peut également être valable dans le domaine de la création théâtrale.

 

Marguerite Duras parlait de son travail d'écriture comme d'une nuit et non comme des idées qu'elle irait chercher dans une bibliothèque. En ce sens, La Compagnie Pour Le Dire s'évertue à écouter son intuition et à laisser venir à elle les sources de son impulsion. Dans un déploiement kaléidoscopique de l'esprit, s'autoriser à faire tomber les barrières entre la réalité et les diverses formes de l'imagination. Les souvenirs, les émotions enfouies, tous ces ressentis obscurs, brouillés, bridés par la raison, sont un terreau fertile pour notre créativité. 

 

Nous sommes contemporains d'un monde où se penser est plutôt compliqué, le modèle des relations humaines a complètement changé, nous assistons à un bouleversement de notre société où tout est interconnecté, tout peut s'emballer, s'enflammer pour le meilleur mais aussi pour le pire. Nous nous sentons souvent impuissants, coincés et incapables de nous protéger. Nous sommes dans cette grande lessiveuse où chacun chercherait sa place ou sa porte de sortie, déjà bien épuisés à l'idée d'y comprendre quelque chose.

 

L'humain est au cœur de notre travail. Prendre le temps de l'introspection, observer ce qui nous meut et qui n'est pas toujours très clair, très joli, très compréhensible, regarder en soi, où seraient nos peurs et nos contradictions mais aussi nos rêves, afin de mieux interroger la vie; c'est là où nous puisons notre force.

 

"... Chacun extérieurement, devant les autres, se montre plein de dignité. Mais chacun sait bien tout ce qui se passe d'inavouable en nous dès que nous nous trouvons seuls avec nous-mêmes... Nous cédons à la tentation souvent, pour nous redresser aussitôt après, en toute hâte, pressés de retrouver notre dignité entière, solide comme une pierre sur un tombeau, pour cacher à nos propres yeux et ensevelir toutes les traces et jusqu'au souvenir de notre honte.... " Extrait de Six personnages en quête d'auteur de L. Pirandello

 

L'intérêt pour la compagnie n'est jamais tant dans le fait de raconter des histoires que dans la volonté de décrire des états, de s'approcher de la complexité de la pensée humaine, en restituer ses contradictions, ses paradoxes et ainsi, dans cette intimité partagée, restaurer tant soit peu le fil invisible et précieux du lien humain.

 

Pour l'heure, la compagnie Pour le Dire ignore tout de la nature de ses prochaines créations, mais devra les accueillir pour faire exploser en elle les charges nécessaires à son évolution. Pour reprendre la pensée du célèbre peintre Pierre Soulages: C'est ce que je fais qui m'apprend ce que je cherche.

 

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